Origine et principe
Le mécanisme de sonnerie au râteau est inventé en 1676 par l’horloger anglais Edward Barlow, qui cherche à pallier le principal défaut de la sonnerie à chaperon. Son innovation consiste à remplacer la roue de compte, indépendante, par un limaçon à gradins, une came étagée de douze marches solidaire de la roue des heures et effectuant donc un tour en douze heures, exactement comme l’aiguille correspondante. Le nombre de coups sonnés dépend ainsi directement de la position réelle de l’heure, et non plus d’un comptage séparé porté par un rouage de sonnerie propre, distinct du rouage de mouvement et animé par son propre barillet.
Composants et fonctionnement
Un râteau denté, articulé sur son axe et rappelé par un ressort, porte à son extrémité une queue qui retombe contre le limaçon : la marche rencontrée limite sa course et fixe le nombre de dents engrenées avec le rouage de sonnerie, donc le nombre de coups à frapper. Ces dents, en s’échappant une à une, libèrent une roue de levée dont les chevilles soulèvent successivement le ou les marteaux frappant le timbre ou la cloche. Comme dans la sonnerie à chaperon, un délai précède le décompte proprement dit, le temps que le râteau se positionne contre le limaçon avant que le rouage de sonnerie ne soit libéré.
Diffusion et usage
L’avantage décisif de ce principe est sa dépendance directe à la position réelle de l’aiguille des heures, ce qui rend impossible toute désynchronisation durable entre l’heure affichée et l’heure sonnée. Ce mécanisme s’impose progressivement, au cours du XVIIIe siècle, dans les pendules de qualité, avant de devenir la référence des montres à répétition et des complications de grande sonnerie, où une tirette ou un poussoir permet de lire le limaçon à la demande plutôt qu’au seul passage de l’heure.
