ÉCHAPPEMENT GRAHAM

1. Définition et classification

L’échappement Graham est un échappement à ancre à repos frottant, sans recul, développé pour les pendules. Il appartient à la famille des échappements à contact permanent, dans laquelle le balancier — ou ici le pendule — reste constamment en contact avec une pièce de l’échappement. Contrairement aux échappements à recul, où les surfaces de repos excentriques obligent la roue d’échappement à reculer pendant une partie de l’oscillation, les surfaces de repos de l’échappement Graham sont concentriques au centre de l’ancre : la roue ne recule jamais.

2. Histoire

L’échappement porte le nom de George Graham (1673-1751), célèbre horloger anglais, élève puis époux de la nièce de Thomas Tompion, et membre de la Société royale de Londres. Il met au point cet échappement à ancre à repos frottant pour pendules en 1715. On lui doit également le pendule à mercure (1719) et le parachèvement de l’échappement à cylindre (1728), initialement conçu par Thomas Tompion en 1695.

3. Description

La roue d’échappement et le corps de l’ancre sont réalisés en laiton ou en acier. Les palettes, dont la position est réglable, sont en acier trempé et poli, ou en rubis.

4. Fonctionnement

Les surfaces de repos des palettes, concentriques au centre de l’ancre, permettent à la roue de rester immobile pendant la phase de repos, sans le moindre recul. Cette absence de recul distingue fondamentalement l’échappement Graham des échappements à recul qui l’ont précédé, comme l’échappement à roue de rencontre (à verge).

5. Avantages

De construction simple, l’échappement Graham donne de très bons résultats. Il est considéré comme l’échappement à ancre sans recul classique pour les pendules.

6. À ne pas confondre : le pendule à mercure de Graham

George Graham a également inventé, en 1719, un dispositif distinct portant aussi son nom : le pendule à mercure. Il s’agit d’un système de compensation thermique — un cylindre creux contenant du mercure suspendu à une tige d’acier, où l’élévation du niveau de mercure compense l’allongement de la tige sous l’effet de la chaleur. Ce dispositif n’a aucun rapport fonctionnel avec l’échappement Graham, si ce n’est son inventeur commun.

7. À voir aussi

Pour la classification complète des échappements, voir Types d’échappements.