CROIX DE MALTE : nf
La croix de Malte est un mobile en forme de croix à branches concaves, utilisé en horlogerie comme organe d’arrêtage : il bloque une fonction du mouvement une fois un seuil défini atteint, afin d’éviter tout dommage lié à la poursuite de cette fonction au-delà de ce point. Son application la plus répandue, sur les montres de poche du 18e au 20e siècle, concerne l’armage du barillet : elle empêche le remontage du ressort au-delà de sa limite de résistance.
Chaque tour de remontage correspond à une branche de la croix ; leur nombre — généralement quatre, parfois cinq, six ou sept — détermine le nombre de tours autorisés. La dernière branche, plus large que les autres, ne peut s’engrener avec le doigt d’entraînement solidaire du rouage de remontoir : le mécanisme se bloque alors automatiquement. Au-delà de sept branches, la croix perd sa fonction d’arrêt et se comporte comme une roue ordinaire, avec un risque d’arc-boutement des dents ; en deçà de quatre, d’autres solutions techniques sont généralement préférées.
Le principe cinématique de la croix de Malte — transformer une rotation continue en rotation intermittente puis, dans sa variante horlogère, en blocage définitif — sert aussi, hors du barillet, à d’autres indexations discrètes du mouvement, comme la rotation de satellites ou de compteurs sautants.
