JANTE : nf
La jante est la partie annulaire périphérique d’une pièce de révolution, en particulier d’une roue ou d’un balancier ; pour le balancier, on emploie plus souvent le synonyme serge. Sur une roue dentée, la jante est la couronne extérieure qui porte les dents et qui est reliée au moyeu (centre) par les bras ou par une toile ; son épaisseur, sa planéité et sa concentricité influent sur la rigidité de la roue et sur la qualité de l’engrènement. Sur un balancier, la serge (jante) porte la masse déterminant le moment d’inertie ; c’est sur elle que se trouvent, le cas échéant, les vis ou masselottes de réglage de l’inertie, ainsi que d’éventuels dispositifs de compensation. La géométrie de la jante est donc à la fois structurelle et fonctionnelle : allégée par des évidements pour limiter la masse superflue tout en conservant l’inertie utile en périphérie. Le soin apporté à la jante (équilibrage, état de surface, éventuel anglage des bras) participe à la performance chronométrique et à la beauté du composant. Le terme est courant dans la description des mobiles.
Sur les chronomètres anciens, la jante du balancier compensateur, dite « coupée », était sectionnée en deux points près des bras pour former deux segments bimétalliques libres, chacun terminé par une ou plusieurs masselottes ; sous l’effet de la température, ces segments se recourbaient pour compenser la variation d’élasticité du spiral. Cette solution, décrite dès 1766 par Pierre Le Roy puis perfectionnée par Arnold et Earnshaw, a disparu avec l’apparition des alliages athermiques (invar, élinvar) au début du XXe siècle : la jante des balanciers modernes est redevenue pleine et monobloc, en Glucydur ou alliage similaire, sa masse étant ajustée par ablation laser en périphérie.
