IMPULSION : nf
En horlogerie, l’impulsion est l’action par laquelle une force met en mouvement, ou entretient, un élément. Elle est au cœur de l’échappement, dont le rôle est de transmettre périodiquement à l’oscillateur l’énergie qui compense les pertes dues aux frottements. Concrètement, une dent de la roue d’échappement pousse la palette de l’ancre en s’appuyant sur son plan d’impulsion : l’ancre est ainsi propulsée, puis, par la fourchette et la cheville de plateau, elle transmet à son tour cette impulsion au balancier, entretenant son oscillation. Sans cet apport régulier, le balancier-spiral, comme tout oscillateur réel, finirait par s’arrêter sous l’effet des frottements. La qualité de l’impulsion — son angle, son instant et la régularité de sa transmission — détermine l’amplitude du balancier et, partant, la précision de la montre. Comprendre l’impulsion, le repos, le dégagement et la chute, c’est comprendre le fonctionnement même de l’échappement, organe distributeur d’énergie du garde-temps.
Le mode de transmission de l’impulsion distingue les grandes familles d’échappements. Dans l’échappement à ancre suisse, l’impulsion est double : elle intervient à chaque alternance, sur la palette d’entrée puis sur la palette de sortie, par glissement des dents de la roue sur les plans inclinés des palettes. L’échappement à détente des chronomètres de marine, à l’inverse, ne délivre qu’une impulsion unique tous les deux battements, par un contact quasi parallèle limitant le frottement, d’où sa réputation de précision, mais aussi sa fragilité. L’échappement coaxial, inventé par George Daniels en 1976 et commercialisé par Omega à partir de 1999, transmet l’impulsion par frottement radial plutôt que glissant, réduisant encore les pertes et les besoins de lubrification. Pour en savoir plus : WOSTEP.
